Ce que propose l’amendement

I. – À compter du 1er janvier 2025, il est institué un prélèvement sur les recettes de l’État visant à compenser, pour les départements, la ville de Paris, le Département de Mayotte, la métropole de Lyon, la collectivité territoriale de Guyane et la collectivité territoriale de Martinique, les dépenses au titre de la mise en œuvre de l’arrêté du 25 juin 2024 relatif à l’agrément de certains accords de travail applicables dans les établissements et services du secteur social et médicosocial privé à but non lucratif. Le montant de cette dotation, versée chaque année, est fixé à 170 millions d’euros.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Pourquoi cet amendement ?

Le 25 juin dernier, un accord a été agréé par le Gouvernement afin d’étendre la prime « Ségur »

à l’ensemble des professionnels non concernés dans le secteur sanitaire, social et médico-social

privé à but non lucratif.

Validée dans un temps record à quelques jours des élections législatives, cette décision aurait

dû faire l’objet d’un accord politique en comité des financeurs, instance qui réunit l’État et les

Départements, pour s’assurer de sa soutenabilité financière. Or, ces derniers n’ont pas été

concertés en amont dans ce cadre, contrairement à l’engagement pris et renouvelé depuis 2022.

Les Départements s’accordent avec les acteurs du secteur médico-social sur la nécessité de

rendre les métiers plus attractifs pour susciter des vocations, ce qui passe notamment par des

mesures de revalorisations légitimes pour les salaires les plus bas.

Toutefois ils ne peuvent, dans l’état actuel de leurs finances, en supporter les conséquences

annoncées, à hauteur de 170 millions d’euros en année pleine. D’autant plus que la disposition

est applicable rétroactivement au 1er janvier 2024, dans un contexte où de nombreux

Départements avaient déjà eu des difficultés à boucler leur budget 2024. Pour 2025, cette

dépense devenue pérenne viendrait alourdir des budgets déjà insoutenables.

Les Départements ne peuvent être réduits à un simple guichet servant à financer les décisions

de l’État. En 2022, pour les mêmes motifs d’atteinte à la libre administration des collectivités

et d’absence de consultation préalable, le Parlement avait voté une compensation de la

revalorisation du RSA, par le biais d’un prélèvement sur recettes.

Cette décision vient de plus s’ajouter aux 3 milliards de dépenses décidées unilatéralement par

l’État et subies depuis 2022.

Afin de permettre aux Départements de mettre en œuvre cette extension du Ségur, cet

amendement demande une compensation intégrale par l’État, à hauteur de son coût annuel

estimé à 170 millions d’euros.

Plus largement, l’État doit mettre un terme définitif aux annonces non concertées mais financées

par les collectivités.

L'amendement a été travaillé avec Département de France.

Motifs publiés par l’auteur avec l’amendement.

Auteur et cosignataires

Jean-Pierre Bataille · LIOT

Voir le cosignataire

M. Bataille et M. Castellani

Dans quel texte s’inscrit cet amendement ?

Source

Fichier open data « Amendements » de l’Assemblée nationale · référence AMANR5L17PO59048B0324P1D1N001519.