Pourquoi cet amendement ?

Amendement d’appel.

L’objet du présent amendement est d’alerter solennellement le Gouvernement sur les conséquences de la réduction de 44 % des crédits alloués au Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER), inscrit dans le projet de loi de finances pour 2026.

Avec un budget amputé de 10,4 millions d’euros, ce sont des centaines de radios associatives locales, piliers de la vie démocratique et sociale dans nos territoires, qui sont directement menacées. Ces radios, au nombre de 750, assurent un rôle irremplaçable de média de proximité, de trait d’union entre les habitants, de soutien à la vie associative, culturelle, éducative et parfois même sociale. Elles représentent le deuxième employeur du secteur radiophonique, et pour certaines, comme Radio Nord Bourgogne à Pont-sur-Yonne ou Radio Stolliahc à Sens, la baisse représente une perte immédiate de 10 000 à 15 000 euros, ce qui équivaut à un emploi en moins, une fréquence en moins, une voix en moins.

En moyenne, ces structures dépendent à hauteur de 40 % des subventions du FSER. À ce titre, une telle coupe est plus qu’un ajustement : c’est une mise en péril. Ce ne sont pas des chiffres budgétaires, ce sont des silences à venir.

Cependant, il est nécessaire de poser une exigence : celle de la clarté. Oui, certaines dérives communautaristes, comme l’a montré le cas de la radio Pastel FM à Roubaix, écartée des subventions régionales en 2017 pour avoir contribué au développement de discours islamistes, ou le récent partenariat controversé entre la CNRA et StreetPress, justifient une vigilance renforcée. Mais quelques cas ne sauraient justifier l’assèchement général d’un secteur essentiel.

La République ne peut se permettre de financer ceux qui la combattent. Mais elle ne peut pas non plus abandonner ceux qui la servent. Toute politique de soutien doit reposer sur une distinction claire : celle entre les radios qui nourrissent le lien civique, et celles qui instrumentalisent l’argent public pour semer le repli identitaire, voire l’hostilité envers les institutions.

Cet amendement d’appel vise donc à rappeler que la réponse ne peut être ni l’aveuglement budgétaire, ni l’indulgence idéologique.

Le présent amendement prévoit d’abonder les crédits, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, d’un montant de 1 euro pour l’action 6 : « Soutien à l’expression radiophonique locale » du programme 180 : « Presse et médias » et, pour les besoins de la recevabilité financière, de minorer les crédits, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, d’un montant similaire à l’action 1 « Livre et culture » du programme 334 « Livres et industries culturelles ».

Motifs publiés par l’auteur avec l’amendement.

Auteur et cosignataires

Julien Odoul · RN

Voir les 13 cosignataires

M. Odoul, Mme Auzanot, M. Beaurain, M. Bilde, M. Chudeau, M. Clavet, Mme Da Conceicao Carvalho, M. Christian Girard, Mme Joncour, Mme Joubert, Mme Lavalette, Mme Parmentier, M. Perez et Mme Sicard

Dans quel texte s’inscrit cet amendement ?

Source

Fichier open data « Amendements » de l’Assemblée nationale · référence AMANR5L17PO419604B1906P2D1N000261.