Amendement n° II-941 au texte n° 324 – Projet de loi de finances pour 2025
En traitementDéposé par Romain Baubry sur l’article 42 du texte n° 324.
- Déposé le
- 1 novembre 2024
- État
- En traitement
- Article 40
- Soumis au contrôle de recevabilité financière
Information sur cet amendement
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
Pourquoi cet amendement ?
Amendement d’appel.
Cet amendement vise à abonder un fonds dédié aux membres des forces de l’ordre et à leurs familles, victimes d’agression du fait de la profession de l’agent. En effet, l’actualité fait souvent état de drames impliquant des familles de policiers ou de gendarmes agressées. Même hors service, les membres des forces de l’ordre ne sont pas épargnés par la violence, et leurs proches sont également visés par les agresseurs. L’État doit répondre au dévouement des agents des forces de l’ordre prêts à risquer leur vie pour la protection des autres, et doit indemniser leurs familles agressées.
Ainsi, le 12 août 2024 à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), un policier hors service a été agressé devant son domicile et a dû être transporté aux urgences. Le 28 mars dernier à Marie-Galante (Guadeloupe), un gendarme mobile a été visé avec sa compagne par un tir en direction de leur domicile. En juin 2023, à La Croix-en-Brie, un policier, sa femme et leurs deux enfants en bas âge ont été brutalement réveillés par des individus qui les ont menacés et ont brûlé leur voiture. Et de nombreuses autres agressions et menaces subies par les familles de membres des forces de l’ordre ne sont pas relayées par les médias.
Le fonds créé par l’adoption du présent amendement s’inspirerait notamment du Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions, financé par les assurés. Ce nouveau fonds permettrait alors de recouvrer, soit en totalité, soit sous forme d’avance puis dans le cadre d’un mandat, les sommes qui sont dues aux agents et aux familles. Charge à l'administration de procéder à la collecte des sommes dues par les personnes condamnées.
Un amendement similaire avait été déposé lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2024 en commission des Finances, mais il ne proposait pour cela que d'accorder cent cinquante mille euros pour la Police Nationale et cent cinquante mille euros à la Gendarmerie nationale. Lors de l'examen de cet amendement, Mme Nadia Hai (Vice-Présidente de l'ancien groupe Renaissance de la Commission) a affirmé que les mouvements de crédits opérés ne permettraient pas en cas d'adoption de remplir l'objectif d'indemnisation. La commission des Finances reconnaissait donc implicitement que la cause des familles de membre des forces de l'ordre agressées nécessite de lever beaucoup de fonds. L'amendement a donc été retravaillé en ce sens, et propose désormais d'accorder un million d'euros à chacun des programmes concernés.
Le présent amendement prévoit d’abonder les crédits, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, d’un montant d'un million d'euros pour l’action n° 04 : « Commandement, ressources humaines et logistique » du programme n° 152 : « Gendarmerie nationale », d’un montant d'un million d'euros pour la sous-action n° 02 : « Action sociale » de l’action n° 06 : « Commandement, ressources humaines et logistique » du programme n° 176 : « Police nationale » et, pour les besoins de la recevabilité financière, de minorer de la somme de ces deux montants les crédits, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, pour l’action n° 01 : « Observation, prospective, réglementation et soutien au programme » du programme n° 207 : « Sécurité et éducation routière ». En cas d’adoption de l’amendement, il est demandé au Gouvernement de lever cette dernière compensation.
Motifs publiés par l’auteur avec l’amendement.
Dans quel texte s’inscrit cet amendement ?
Fichier open data « Amendements » de l’Assemblée nationale · référence AMANR5L17PO838901B0324P2D1N000941. Voir l’amendement sur le site de l’Assemblée nationale