Article unique
L’Assemblée nationale,
Vu l’article 34‑1 de la Constitution,
Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,
Considérant que l’orientation des jeunes constitue un enjeu stratégique pour l’avenir de notre pays, tant sur le plan éducatif qu’économique ;
Considérant les difficultés à trouver un stage obligatoire en entreprise durant la classe de troisième et considérant la volonté affichée et accrue des jeunes actifs actuels de se réorienter, souvent par méconnaissance des métiers ;
Considérant que les immersions professionnelles courtes et multiples permettent une découverte plus large des métiers tout en allégeant la charge pour les entreprises ;
Considérant que cette approche favorise la réduction de l’échec scolaire en donnant du sens à l’apprentissage et en améliorant l’adéquation entre les aspirations des jeunes et les besoins des entreprises ainsi que la préparation à l’alternance et à l’insertion professionnelle ;
Considérant que cette mesure s’inscrit dans une vision à long terme de la formation professionnelle où les entreprises voient leur engagement comme un investissement et non comme une contrainte ;
Considérant que les conseils départementaux, en raison de leur connaissance des territoires et de leur proximité avec les acteurs locaux, sont des partenaires incontournables pour organiser et financer cette expérimentation ;
Considérant qu’une expérimentation dans dix départements permettrait d’évaluer l’impact de ce dispositif avant une éventuelle généralisation ;
Invite le Gouvernement à :
1° Mettre en place, à titre expérimental et pour une durée de deux ans dans dix départements représentatifs, le remplacement du stage de troisième par dix immersions professionnelles d’une journée pour tous les collégiens scolarisés en classe de quatrième et de troisième ;
2° Associer les rectorats, les chambres de commerce, les branches professionnelles, les collectivités territoriales et les conseils départementaux à l’organisation de cette expérimentation ;
3° Garantir un accompagnement pédagogique avant, pendant et après les immersions, incluant une préparation, une restitution et une évaluation ;
4° Veiller à l’égalité d’accès pour tous les élèves, y compris ceux en situation de handicap ou issus de milieux défavorisés et ruraux ;
5° Évaluer les résultats de cette expérimentation, notamment en termes de motivation scolaire, de réduction du décrochage, d’amélioration de l’orientation, de réduction des réorientations et d’adhésion des entreprises, en particulier des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises ;
6° Présenter un rapport au Parlement à l’issue de l’expérimentation, incluant des recommandations pour une éventuelle généralisation ;
7° Sensibiliser les entreprises à l’intérêt de ces immersions comme levier de formation des futurs talents et de fidélisation des vocations ;
8° Encourager les partenariats entre les établissements scolaires, les acteurs économiques locaux et les conseils départementaux pour faciliter l’organisation des immersions.