Article unique
L’Assemblée nationale,
Vu l’article 34‑1 de la Constitution,
Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,
Vu la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée par l’UNESCO en 2003, ratifiée par la France en 2006,
Considérant que le flottage et le radelage du bois, pratiques anciennes, ont façonné durablement l’économie, l’organisation sociale et l’identité culturelle de nombreux territoires français, en particulier dans le Jura, les Alpes, le Massif central et le Morvan ;
Considérant que ces pratiques représentaient un maillon essentiel d’une filière bois complète, allant de l’exploitation forestière à la transformation, et contribuaient directement à l’approvisionnement des grands centres urbains, notamment via les fleuves et rivières tels que la Loue, le Doubs, la Durance, la Saône, le Rhône, la Seine ou la Loire ;
Considérant que ces savoir‑faire mobilisaient des compétences techniques, linguistiques et sociales transmises oralement, et qu’ils incarnent un mode de vie fondé sur le travail, la solidarité et la connaissance des milieux naturels ;
Considérant que des associations locales, telles que les Radeliers de la Loue (Chamblay), Flottescale (Clamecy) ou les Radeliers de la Durance (Hautes‑Alpes), contribuent activement à leur préservation et à leur transmission ;
Considérant que l’inscription à l’inventaire du Patrimoine culturel immatériel en France renforcerait ces actions, assurerait une reconnaissance institutionnelle et préparerait une éventuelle candidature transnationale auprès de l’UNESCO ;
Invite le Gouvernement à engager les démarches nécessaires à l’inscription du flottage et du radelage du bois, de leurs savoir‑faire, récits, usages et gestes techniques, à l’inventaire du Patrimoine culturel immatériel en France ;
Affirme que cette reconnaissance participe à la sauvegarde d’un pan essentiel de l’histoire économique, sociale et humaine de nos territoires, à la valorisation de la filière bois traditionnelle, au développement culturel, éducatif et touristique, et au renforcement du lien entre mémoire locale et identité nationale.