De quoi parle ce rapport ?
Réalisant 4,8 millions d’interventions en 2024, soit une intervention toutes les 6,6 secondes (en hausse de 33 % en vingt ans), les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont de plus en plus sollicités sur l’ensemble du territoire et le seront davantage à l’avenir sous l’effet combiné du réchauffement climatique et du vieillissement de la population.
Pourtant, face à cette pression opérationnelle croissante, leurs moyens humains et financiers sont de plus en plus contraints. Alors que leurs dépenses ont augmenté de 30 % sur les quinze dernières années, le mode de financement des SDIS, « à bout de souffle » selon les conclusions du récent Beauvau de la sécurité civile, fait aujourd’hui reposer cette charge sur les collectivités territoriales, en particulier les départements qui sont eux-mêmes confrontés à des difficultés de financement dans un contexte budgétaire particulièrement dégradé. Ce sous-financement n’est désormais plus tenable et fragilise notre modèle de sécurité civile, alors que les sapeurs-pompiers assurent l’un des derniers grands services publics de proximité en France.
C’est dans ce contexte que les rapporteurs spéciaux ont souhaité consacrer leur rapport d’évaluation à la valeur du sauvé. Consistant à évaluer les dommages évités grâce à l’action des sapeurs-pompiers, ce concept invite à changer de regard sur les SDIS, en ne les considérant plus uniquement comme un « centre de coûts » mais bien comme un service public créateur de valeur pour la collectivité.
Afficher les 9 recommandations
- Inciter les SDIS à se saisir pleinement de la méthodologie du mémento de la DGSCGC et à communiquer sur la valeur du sauvé auprès des institutions et des citoyens.
- Inscrire la valeur du sauvé dans la formation initiale et continue des sapeurs-pompiers.
- Organiser des restitutions périodiques sur la mise en œuvre et l’enrichissement méthodologique du mémento de la DGSCGC relatif à la valeur du sauvé.
- Mener à bien le projet NexSIS en renforçant les moyens humains de l’ANSC, actuellement sous-dimensionnés pour respecter le calendrier de déploiement.
- Enrichir l’enquête INFOSDIS d’un volet relatif à la valeur du sauvé.
- Renforcer la formation et les compétences des personnels des SDIS en matière de collecte et d’analyse des données nécessaires au calcul de la valeur du sauvé.
- Demander au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport sur le coût des carences ambulancières pour le budget des SDIS.
- Augmenter la part de TSCA destinée au financement des SDIS et moderniser la clé de répartition du produit entre les départements.
- Instaurer un cadre d’échanges réguliers entre les assureurs et les SDIS sur la valeur du sauvé.