De quoi parle ce rapport ?
La France dispose d’un réseau d’enseignement à l’étranger unique au monde. Il constitue à la fois un formidable outil d’influence et d’attractivité pour notre pays et un lien fondamental entretenu avec les familles de nos compatriotes établis hors de France.
Ce réseau accueille plus de 400 000 élèves, dont environ un tiers sont Français. Près de 20 % des élèves du réseau sont scolarisés dans des écoles, collèges et lycées de l’État français. Le reste le sont dans des établissements privés homologués par ce dernier. Au total, le réseau d’enseignement français à l’étranger compte plus de 600 établissements répartis dans près de 140 pays à travers le monde.
À la fois à la tête et au centre de ce réseau se trouve l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), créé en 1990 pour gérer le réseau d’établissements appartenant à l’État à travers le monde. Cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE), est chargé d’assurer, en faveur des enfants français établis hors de France, les missions de service public relatives à l’éducation, de contribuer au renforcement des relations de coopération entre les systèmes éducatifs français et étranger et de contribuer, notamment par l’accueil d’élèves étrangers, au rayonnement de la langue et de la culture françaises, en application de l’article L. 452‑2 du code de l’éducation, depuis sa création en 1990.
Afficher les 15 recommandations
- Suspendre Cap 2030 afin d’en faire un bilan comprenant le coût pour l’AEFE de cette stratégie de limitation de l’accueil de nouveaux élèves au sein des EGD, y compris dans les pays où la demande était très forte.
- Suspendre immédiatement les mesures prises lors du conseil d’administration du 18 décembre 2025 (contribution à la part employeur de la pension civile pour les EGD et les établissements conventionnés et doublement de la participation financière des établissements partenaires aux frais de fonctionnement du réseau).
- Définir, dans le cadre d’une loi d’orientation et de programmation pour la diplomatie, une véritable stratégie de développement du réseau d’enseignement français à l’étranger, au niveau du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, visant à assurer, en faveur des enfants français établis hors de France, les missions de service public relatives à l’éducation, d’une part, et de contribuer, notamment par l’accueil d’élèves étrangers, au rayonnement de la langue et de la culture françaises, d’autre part.
- Réorienter la stratégie de développement de Cap 2030 afin de replacer les EGD au cœur de la croissance du réseau d'enseignement français à l'étranger, les établissements conventionnés et partenaires ayant vocation à intervenir en complément lorsque les besoins ne peuvent être couverts par le réseau public.
- Accroître la capacité d’accueil des internats lorsqu’il existe un vivier d’élèves insusceptibles d’être scolarisés à proximité de leur lieu de résidence.
- Conduire une étude d’impact sur l’augmentation des capacités d’accueil, établissement par établissement, au sein du réseau en gestion directe de l’AEFE.
- Mieux répartir, au fur et à mesure des départs, les agents titulaires détachés du ministère de l’éducation nationale entre les établissements en gestion directe pour harmoniser le taux d’encadrement.
- Doter l’AEFE d’une politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
- Inscrire la trajectoire pluriannuelle de la subvention pour charges de service public versée à l’AEFE dans une loi de programmation et d’orientation pour le ministère de l’Europe et des affaires étrangères.
- Dans l’attente d’une réforme structurelle de l’AEFE, faire en sorte que la subvention pour charges de service public permette le maintien à l’équilibre du budget de l’opérateur de l’État.
- Rehausser la subvention pour charges de service public de l’AEFE pour permettre de compenser la part de la contribution employeur au compte d’affectation spéciale Pensions qui est à la charge de l’AEFE au titre de ses fonctionnaires détachés depuis 2009, soit au niveau du coût réel pour l’opérateur, soit proportionnellement aux hausses successives du taux de la contribution employeur.
- Recommandation n° 11 bis : Rehausser la subvention pour charges de service public de l’AEFE pour permettre de compenser la moitié de la part de la contribution employeur au compte d’affectation spéciale Pensions qui est à la charge de l’AEFE au titre de ses fonctionnaires détachés depuis 2009 après déduction de la participation de l’État.
- Allouer à l’AEFE une subvention d’investissement pour financer des opérations immobilières ponctuelles visant à accroître la capacité d’accueil des établissements en gestion directe par l’Agence.
- Introduire une exception à l’interdiction faite aux organismes français relevant de la catégorie des administrations publiques centrales de contracter auprès d’un établissement de crédit ou d’une société de financement un emprunt dont le terme est supérieur à douze mois, ni d’émettre un titre de créance dont le terme excède cette durée.
- Lever la limite de 10 millions d’euros aux avances de l’Agence France Trésor versées à l’AEFE et allonger la période de remboursement à douze ans.