De quoi parle ce rapport ?
Depuis 2017, la dette des administrations publiques est passée de 98,5 % du produit intérieur brut (PIB) à 115,6 % du PIB en 2025, soit une hausse d’un peu plus de 17 points. Les dépenses d’intérêts des administrations publiques pour servir cette dette sont de 64,7 milliards d’euros en 2025, contre 44,4 milliards d’euros en 2017, soit une hausse de 46 % en huit ans ([1]). Sur le seul budget de l’État, la charge de la dette est en passe de devenir le premier poste de dépense budgétaire, devant l’enseignement scolaire.
Ces chiffres illustrent à quel point la situation budgétaire de la France s’est dégradée durant les deux derniers quinquennats : le pays paie aujourd’hui les frais de cette mauvaise gestion. Dans ce contexte particulièrement préoccupant, le rapporteur spécial a souhaité s’intéresser à l’effet « boule de neige » de la dette, c’est-à-dire au risque d’emballement auto-entretenu du ratio de dette publique rapporté au PIB sous l’effet du stock de dette hérité des années précédentes, d’une part, et de l’écart entre le taux d’intérêt sur cette dette et le taux de croissance nominale, d’autre part.
L’effet boule de neige peut jouer favorablement ou défavorablement sur l’évolution du ratio de dette publique. Par exemple, durant les Trente Glorieuses, il a contribué à faire baisser le ratio de dette compte tenu du dynamisme de la croissance à cette époque. À l’inverse, les années 1990 ont été marquées par un effet boule de neige ayant contribué à dégrader le ratio de dette publique.